
LE DESTIN BRISÉ DU FRÈRE LEUFROY-JULES (1862-1883)
Guichard Louis, né le 19 mai 1862 à Saint-Benoît, était le fils de Pierre Guichard et de Louise Boyer. Le couple a eu dix enfants. Il entra au noviciat des Frères des Écoles chrétiennes de Saint-Denis le 30 juin 1876. Le 15 août de la même année, il prit l'habit religieux et reçut le nom de Frère Leufroy-Jules.
Dès 1877, il fut affecté à une petite classe à Salazie, avant d'exercer plus tard à Saint-Pierre. Ses qualités humaines et spirituelles, remarquables chez un religieux si jeune, lui valurent l'estime et l'affection de tous ceux qui l'avaient connu, et particulièrement de son directeur, profondément marqué par sa disparition prématurée.
En annonçant son décès, celui-ci lui rendit un hommage appuyé :
Depuis son arrivée dans la communauté de Saint-Pierre, en avril 1880, le Frère Leufroy-Jules s'était montré un modèle de vertus religieuses pour ses confrères. Doté d'un caractère aimable et d'une grande réserve dans ses paroles, il savait gagner l'affection de chacun. On appréciait sa compagnie et son esprit fraternel.
Pieux, discret, obéissant et recueilli, il demeura constamment un religieux exemplaire. Très dévoué à l'instruction de ses nombreux élèves, il travaillait sans relâche à leur transmettre des connaissances utiles et variées, avec des résultats constamment salués.
Son visage, disait-on, reflétait la pureté de son âme et le bonheur qu'il trouvait dans le service de Dieu. Le zèle qu'il déployait pour sa perfection spirituelle et pour l'éducation de ses élèves amenait ses supérieurs à reprendre, à son sujet, ces paroles attribuées à saint Louis de Gonzague : « En peu de temps, il a rempli une longue carrière ; le fruit était mûr pour le ciel, et Dieu se hâta de le cueillir. »
Un frère visiteur confirma également ces témoignages élogieux, déclarant que ce regretté confrère avait toujours été, dans la maladie comme dans la santé, un exemple édifiant. Il ajoutait qu'il avait partout apporté consolation à ses directeurs et n'avait jamais causé la moindre peine à quiconque.
Le Frère Leufroy-Jules s'éteignit le 5 décembre 1883 à Sainte-Anne, dans sa vingt-deuxième année et la huitième de sa vie religieuse.
Source : les archives lasalliennes

