
DE SAINT-MATHURIN-SUR-LOIRE A L’ILE BOURBON : LA LIGNÉE DES BÉNARD/BOISNARD
Jean BOISNARD, né le 12 mars 1691 à Saint-Mathurin-sur-Loire (49), fils de Jean et de Marie PLANSONNAULT (PLANSONNEAU). Son parrain René est le fils de Vincent GIGAULT de la Bohalle et sa marraine : Urbaine RAIMBOURG, femme de défunt Nicolas LAIR DE LA DAGUENIERE.
Du côté de la famille paternelle, son père Jean est né le 19 août 1660 à La Bohalle (49), marié le 22 octobre 1685 à La Bohalle et décédé le 19 décembre 1737 à La Bohalle. Son grand-père Pierre BOISNARD est né le 17 mars 1629 à La Bohalle, marié le 9 septembre 1659 à Beaufort-en-Vallée avec Perrine HUET, et décède le 11 janvier 1665 à La Bohalle. Son arrière-grand-père est né le 26 juin 1601 à Blaison-Gohier, marié le 30 mai 1628 à La Bohalle avec Jeanne BRETON. Il est le fils de Pierre BOISNARD et de Urbaine RABASTE.
Du côté maternel, sa mère Marie PLANSONNAULT est née le 11 avril 1660 à La Bohalle et décédée le 29 avril 1733 à La Bohalle. Elle est la fille de Jean PLANSONNAULT et d'Etiennette BLONDEAU. Son père est né le 6 juin 1627 à La Bohalle, marié le 17 juillet 1655 à Brain-sur-l'Authion et décédé le 4 avril 1685 à La Bohalle. Sa mère Étiennette BLONDEAU est née le 29 décembre 1630 à Brain-sur-l'Authion. Elle se marie en premières noces le 24 avril 1651 à Brain-sur-l'Authion avec Jean RAIMBOURG. Puis en secondes noces avec Jean PLANSONNAULT. Elle est la fille de Georges BLONDEAU et de Julienne LEROUX. Ils se sont mariés le 26 novembre 1626 à Brain-sur-l'Authion. Après le décès de Julienne le 27 avril 1667 à Brain-sur-l'Authion, Georges se remarie le 26 juillet 1667 à Andard avec Jacquine DUBREUIL. Georges décède le 26 avril 1671 à Brain-sur-l'Authion.
Les crises qui ont marqué sa jeunesse
Jean BOISNARD a grandi dans un contexte de bouleversements majeurs. À dix-sept ans, il traverse le Grand Hiver de 1709, une vague de froid intense qui touche l'ensemble du royaume. Dans le Maine-et-Loire, les températures chutent fortement, provoquant la destruction des récoltes, la mort des arbres fruitiers et du bétail, et une famine généralisée. La population subit une mortalité élevée, et les conditions de vie deviennent très difficiles.
Quelques années plus tard, d'autres événements secouent le royaume et ont des impacts indirects sur le Maine-et-Loire notamment :
La banqueroute de Law (10 octobre 1720), suite à l'effondrement du système monétaire imaginé par John LAW, provoque panique financière, ruine d'investisseurs et pénurie de numéraires, entraînant des émeutes et un climat d'insécurité économique même dans les provinces comme le Maine-et-Loire.
Ces crises marquent profondément la jeunesse de Jean et probablement influencent ses choix futurs.
L'embarquement vers l'île Bourbon
Sans profession définie, Jean dit Saint-Mathurin s'engage comme soldat dans la Compagnie de Marion à Lorient le 13 mars 1722 et s'embarque le 13 avril à bord de la frégate La Vierge de Grâce, dotée de 360 tonneaux, 26 canons et 90 membres d'équipage, commandée par le capitaine Jacques-Thomas JONCHEE DE LA GOLETRIE, avec 20 autres soldats à destination des Mascareignes. Il débarque en septembre 1722 à l'île Bourbon. Les registres le décrivent comme ayant le visage rond et assez plein, le nez médiocre, les yeux grands et bleus, les cheveux et sourcils bruns courts et crêpus, et mesurant 5 pieds et 1 pouce.
Mariages et descendance
Caporal dans la Compagnie de Fontbrune, il épouse Élisabeth PAYET le 15 juillet 1727 à Saint-Paul, cinq ans après son installation. Élisabeth, fille de Daniel PAYET et d'Étiennette TOUCHARD, est née le 16 mars 1712 et a eu pour parrain François CAUZAN et pour marraine Élisabeth de GUIGNE. Son acte de mariage marque une rupture onomastique : son nom de famille BOISNARD devient BENARD et son prénom devient Jean-Baptiste par l'adjonction d'un second prénom au premier.
Quelques mois seulement après ce mariage, Jean-Baptiste BENARD prend part à l'essor du quartier Saint-Étienne. Le 4 décembre 1727, sous le gouvernement de Pierre Benoît Dumas, sept concessions avaient été distribuées entre la ravine Manapany et la ravine des Grègues. Le 26 décembre suivant, cinq autres grandes concessions qui allaient, elles aussi, selon l'expression consacrée, du battant des lames au sommet des montagnes, furent accordées, entre la ravine des Grègues et la rivière des Remparts, toujours sur le territoire du quartier Saint-Étienne. Les bénéficiaires de ces cinq nouvelles concessions furent : Hyacinthe Payet Jean-Baptiste Bénard, François Lelièvre, Joseph Mussard, Henry Mussard. Les nouveaux colons avaient eu ordre d'occuper la place et d'y planter du café.
C'est sur ces terres nouvellement acquises que s'installe la famille momentanément. De cette union naît Élisabeth Étienne le 4 avril 1729 à Saint-Pierre, baptisée deux jours plus tard avec pour parrain son grand-père Daniel PAYET et pour marraine Barbe PAYET. Élisabeth Étienne est mon ancêtre, et c'est d'elle que descend ma branche paternelle. Elle est enregistrée sous le nom BENARD.
Le 28 juin 1729, Élisabeth PAYET meurt lors de l'épidémie de variole qui frappe la colonie. Deux ans plus tard, Jean-Baptiste BENARD se remarie le 2 juillet 1731 à Saint-Pierre avec Marie-Anne GALLIER, avec laquelle il aura deux autres enfants. Le livre Nous, les descendants de Pitre Folio, le ci-devant flibustier De M.-C. Séry-de Boisvilliers, mentionne que Jean-Baptiste BENARD serait décédé le 18 juin 1762 à Saint-Louis.
La vie de Jean BOISNARD/BENARD illustre le parcours d'un jeune Angevin confronté aux crises de son époque, du Grand Hiver à la banqueroute, avant de partir fonder sa famille à l'île Bourbon.
Jean BOISNARD/BENARD laisse également une postérité prolifique issue de son second mariage, dont Léonus BENARD, industriel et homme politique français, et Louis René BÉNARD, militaire français, Compagnon de la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale.
📚 Sources :
AD 49 et 974
Site la Mémoire des hommes
Jean-Michel ANDRE – Les engagés de la Compagnie des Indes, Marins et ouvriers (1717/1770) SHM
Site de Robert BOUSQUET








